Tribune - Les associations locales proposent un plein d'idées pour mettre notre territoire en selle à l’occasion du déconfinement.

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Nos associations relayent la tribune nationale parue mardi 24 novembre. Elles y ajoutent les enjeux actuels de notre territoire: https://www.fub.fr/fub/actualites/tribune-plein-idees-mettre-france-selle-occasion-futurs-deconfinements

Plein d’idées pour mettre notre territoire en selle à l’occasion du déconfinement

La pratique quotidienne du vélo ou d’engins de déplacement personnel (type trottinette et gyroroue) est plus que jamais un geste barrière assurant naturellement le respect de la distanciation physique.
Nous proposons unanimement des pistes d’actions concrètes pour permettre au panel le plus large possible de citoyens d’accéder aux mobilités actives.
La pandémie nous a collectivement fait prendre conscience des carences de notre politique de prévention santé. Or, il n’y a pas de meilleure prévention primaire qu’une activité physique quotidienne, comme la pratique régulière du vélo. Les coûts de santé évités par ces nouvelles pratiques dégageront de vraies marges de manœuvre financières pour toutes et tous (collectivités, entreprises et particuliers).
Ces véhicules n’émettent pas de polluants nocifs pour la santé et consomment beaucoup moins de ressources que la voiture individuelle sur l’ensemble de leur cycle de vie.
C’est le moment de changer de braquet pour améliorer la qualité de l’air, limiter la pandémie et surtout faciliter le déconfinement à venir.

ALORS COMMENT FAIRE, CONCRÈTEMENT ?

Pour commencer, il faut pouvoir circuler partout en toute sécurité.

Une transformation financière pour 2021

Nous demandons à ce que l’ensemble des collectivités territoriales en charge de l’organisation des mobilités (les EPCI comme la Métropole du Grand Nancy, les communes, le Conseil Départemental, la Région) sollicitent l’État pour les aider financièrement à concrétiser des schémas directeurs cyclables ambitieux intégrés aux PLUi (Plan Local d’Urbanisme Intercommunal). Il faut également sécuriser le financement de la pérennisation promise des aménagements de transition, dites « coronapistes », en abondant le fond vélo de 100 millions d’euros supplémentaires dès 2021.
Dans ce sens, nous interpellons également les parlementaires pour faire passer le message.

Trois territoires pilotes

Par ailleurs, nous proposons à l’État de financer au moins trois «territoires pilotes» dans notre bassin de vie :

1. la Métropole du Grand Nancy / Bassin de Pompey Frouard,
    2. une ville de taille moyenne (exemple : Lunéville, Toul ou Pont-à-Mousson),
    3. un territoire rural.

Si la pratique du vélo se développe rapidement dans les métropoles, le potentiel est loin d’être atteint dans les villes moyennes et au-delà.
Dans le même temps, nous interpellons particulièrement Mathieu Klein, président de la Métropole du Grand Nancy et maire de Nancy afin qu’il propose que le bassin de vie nancéien devienne un territoire pilote à la conversion cyclable. Nous pourrions ainsi servir de modèle dans toute la France.

En effet, notre territoire se caractérise par :

un réseau cyclable en pointillé malgré un territoire densément peuplé et peu étendu,
    • une part modale vélo qui doit passer de 3 % à 9 % d’ici 2024, (selon le plan vélo du gouvernement de 2018),
    • une sur-représentation de l’automobile dans les transports,
    • un réseau de transports en commun à réviser très prochainement,
    • des services de proximités, des zones d’activités commerciales et culturelles proches des habitants mais inaccessibles à vélo,
    • une topographie prononcée sur certains territoires aujourd’hui très abordable avec le développement des vélos électriques,
    • des espaces naturels privilégiés aux portes de la ville qui pourraient être facilement accessibles avec un réseau de véloroutes et voies vertes.

De nombreux territoires français pourraient facilement se retrouver dans ces caractéristiques et enjeux nancéiens. Nous pourrions ainsi servir de modèle pour que d’autres territoires puissent s’y reconnaître, afin de réaliser que nos concitoyens peuvent adopter massivement le vélo quand on s’en donne moyens.

Des services vélos pour panser les crises

Une fois la pandémie passée, il faudra panser les crises économique et surtout sociale. La vente et la réparation de vélos sont sources de création d’emplois locaux durables et non délocalisables dont le potentiel se compte en milliers.

Vecteur de lien social et d’éducation populaire, le développement du réseau d’ateliers d’autoréparation associatif : la Clavette du Coin portée par Dynamo, doit continuer à être soutenue, même en milieu rural. Les collectivités peuvent aisément aider à leur développement, par exemple en mettant des locaux à disposition.

Nous nous réjouissons que le gouvernement ait décidé ce lundi 30 novembre de reconduire le «Coup de Pouce Vélo» jusqu’au 31 mars 2021. Ce dispositif de l’État, alors qu’il rencontre un succès tant inattendu qu’impressionnant, prend en charge pour 50 euros la réparation son vieux biclou. Ce dernier a déjà permis de créer plus de 500 postes, tout en donnant un peu de respiration financière et du pouvoir de mobilité à près d’un million de personnes. Le dispositif incarne concrètement le concept souvent incompris d’économie circulaire, car il favorise la réparation et le réemploi.

Nous proposons donc que les collectivités locales et les employeurs s’emparent du « Coup de pouce vélo Plus » pour permettre aux usagers de réparer leur bicyclette au-delà de 50€ ou avec un budget pour des équipements de sécurité ou de confort (exemples : équipement de visibilité, cadenas résistant, éclairage, protection contre la pluie) : https://www.coupdepouceveloplus.fr/cms/home

De nombreux emplois industriels ont été détruits par la crise, nous proposons donc d’investir massivement dans l’innovation vélo afin de réconcilier progrès et sobriété : vélomobiles, vélo-taxi, vélos-cargo, vélos en fibre de carbone, s’coolbus ; toutes ces bicyclettes à haute valeur ajoutée n’attendent que les talents de salariés d’industries sinistrées par la COVID. Avec de nombreux sites naturels et historiques à découvrir, le cyclotourisme est également une filière à encourager en Lorraine. Les voyageurs consomment localement, ils prennent le temps de s’immerger dans leur aventure et aiment se laisser surprendre tout au long de leur itinéraire.

Par ailleurs, pour soutenir l’ensemble des salariés dans leur changement de mobilité, donnons les moyens aux employeurs d’installer du stationnement vélo sécurisé. Nous proposons le lancement d’un équivalent du programme «Alvéole» pour co-financer de telles infrastructures.

Les territoires en lien avec les agences de développement doivent aider à finaliser l’installation des Plans de Déplacement Inter Entreprise (PDIE) comme déjà réalisé à Brabois ou aux Rives de Meurthe.

Enfin, comme la jeunesse est notre avenir, il nous paraît indispensable de massifier immédiatement le déploiement du programme « savoir rouler à vélo ». Apprendre à se déplacer à vélo en ville en école primaire pour savoir pédaler en autonomie vers les collèges : ainsi émergera une véritable «génération vélo». Nous ferons de la bicyclette une évidence à vie pour les déplacements courts et moyens.

Premières associations locales signataires

Atelier Dynamo
Cyclo'Minus
Pamavelo
VéloLun'
Les Coursiers Nancéiens
Les Amis de la Terre Meurthe-et-Moselle
FLORE 54
Wheelers de Lorraine
MAN Nancy
Greenpeace France / Groupe Local de Nancy
La Cantoche
Le Bien commun
Université Populaire Participative de Vandoeuvre
Attac 54
Vélo et Mobilités Actives Grand Est

Commentaires

Mardi 29 décembre, les associations signataires de la tribune locale de fin novembre ont reçu une réponse de Mathieu Klein, maire de Nancy et président de la Métropole du Grand Nancy, que nous remercions et que nous vous partageons via le site web d'EDEN : https://as-eden.org/reponse-de-mathieu-klein-a-notre-tribune-locale/